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Sara Pasquier


Saint-Étienne accueille une danseuse qui trace sa route de Grasse à Lons-le-Saunier. Portrait de Sara Pasquier.


La danseuse au regard de lynx


 

« Quoi ? Tu veux danser alors que tu prends des cours de violon ? » Quand un conservatoire renvoie Sara Pasquier par la porte, Sara Pasquier revient par la fenêtre. Danse classique, puis modern-jazz, puis danse contemporaine : une artiste trace sa route du Jura à Saint-Étienne. Jusqu’à entraîner 150 amateurs dans son sillage. Portrait d’une danseuse dont l’énergie donne des ailes.


 

Sara Pasquier dans Au pays des manchots par les Ballets contemporains de Saint-Étienne - Mireille Barlet....
Au pays des manchots, Sara Pasquier donne le tempo. Un dimanche après-midi, un bout d’Antarctique se pose à Saint-Galmier. Une danseuse place sept torches sur le sol. Elle apprivoise le froid. Elle se frotte les mains. Elle se réchauffe les pieds. Puis elle s’élance.

 

 

Roulade, glisser, galipette. L’artiste se mêle aux manchots, jusqu’à les taquiner. Tantôt farouche, tantôt mutine, elle dévoile le balcon du monde. Les enfants ne demandent qu’à monter sur scène pour jouer avec elle.

 

 

Trente ans plus tôt, Sara Pasquier a les yeux rivés sur le générique de l’émission Champs-Élysées. Les Ballets de Rhéda mettent le feu sur le parvis du Trocadéro à Paris. Face à l’écran, une gamine scrute chaque mouvement. Elle s’ébroue. Elle rejoint la féerie de l’autre côté de l’écran, là où un feu d’artifice illumine la Tour Eiffel.

 

 

 

 

Au milieu du gué.

 

Sara Pasquier dans Au balcon du monde par les Ballets contemporains de Saint-Étienne - Mireille Barlet....
Entre ces deux pôles, Sara Pasquier a vingt ans. Elle fait escale à Cannes. Rosella Hightower est prête à l’intégrer dans son ballet. Mais à condition de perdre 5 kilos en un mois et de rattraper le niveau technique en un trimestre. Toute seule dans sa chambre, à six cent kilomètres de sa famille, une jeune femme doute.

 

En studio, elle avale des heures de technique tandis que ses collègues répètent avec Angelin Preljocaj, Thierry Malandain, Claude Brumachon. Deux ans plus tard, elle interprète les premiers rôles pour eux.

 

 

« Je me suis construit toute seule », lance Sara Pasquier dont le regard d’acier résume la gnaque qui habite une artiste.

 

Se construire seule implique de faire la billetterie au festival d’Avignon à 9 ans, puis de passer le bac S à Lyon tout en répétant au Conservatoire de région.

 

 

 

 

Poser une pierre, puis l'autre.

 

Sara Pasquier vue par Emmanuel Baubiet, photographe....
Se construire seule, c’est envoyer promener les préjugés sur la danse. Se construire seule, c’est tenir la pulsation même si une voix vous susurre : « avec toutes les filles qui veulent faire de la danse, tu n’y arriveras jamais. »

 

Se construire seule, c’est choisir de danser avec Système Castafiore à Grasse, puis avec les Ballets contemporains à Saint-Étienne. Se construire seule, c’est parfois forcer le destin.

 

En réalité, Sara Pasquier s’appuie sur deux piliers : des parents qui accompagnent son élan, quoi qu’il arrive ; un danseur devenu mari avec qui elle discute, cherche, partage une passion et les humeurs qui la prolonge.

 

Un autre danseur lui met le pied à l’étrier : Jean-Michel Roy. Sara Pasquier a onze ans. À Lons-le-Saunier, un premier danseur au Théâtre du Châtelet monte son école de danse dans le Jura. Il intègre Sara à l'atelier de recherche. Adolescente, celle-ci improvise sur Dire Straits, Vangelis, les Pink Floyd.

 

 

Fourmilière à création.

 

Un sourire qui mord - Ballets Contemporains de Saint-Étienne. Photographe : Emmanuel Baubiet. ...
Le parcours de Sara Pasquier a la force et la précision d’une horloge : tout s’emboîte, tout s’enchaîne même si le temps s’étire ou s’affole. Avec Système Castafiore, une danseuse se frotte à une mécanique de création. Ici, le danseur travaille avec le machiniste qui travaille avec le décorateur qui travaille avec le danseur. Chaque corps de métier apporte sa pierre à l’édifice sous l’œil aiguisé de sa chorégraphe, Marcia Barcellos.

 

 

En 2018, une danseuse respire la force de sa maturité. Chaque projet doit avoir du sens. Le défilé pour la Biennale de la danse arrive à point nommé. Avec Mireille Barlet, elle encadre 150 amateurs qui fabriquent un spectacle ambulant avec leurs pieds, leurs mains, leur tête, et surtout leur vitalité.

 

 

Et si demain Sara Pasquier doit ralentir son pas de danse ? Alors elle restera fidèle à son parcours. Pour que les danseurs montent sur scène, il faut une billetterie, des fiches de salaire, du coaching pour les professionnels et les amateurs, et même quelqu’un pour enrouler le tapis après la représentation. Dans les coulisses, il y a encore tant et tant à inventer.

 

 

Sara Pasquier assiste Mireille Barlet pour le projet « Un oiseau pour la paix » qui réunit cent amateurs de Saint-Étienne et de la Loire en vue du défilé de la Biennale qui se déroulera en septembre 2018 à Lyon. Informations ici.

 

Sara Pasquier a deux filles, Louison et Adèle. Contrairement aux idées reçues, il est possible de concilier vie de famille et vie d’artiste, surtout si le couple écoute les aspirations de l’une et de l’autre.

 

 

 

 

 

Sara Pasquier, interprète & pédagogue.

 

Sara Pasquier avec la Compagnie Petitgrain dans Seconde peau, vision d’un couple, avec Flavien Bernezet. Photographe : Nathalie Sternalski....
Danseuses et danseurs ont souvent une double casquette : interprète et pédagogue. Au-delà de leur parcours artistique, ils savent qu’un être humain respire d’autant mieux la santé s’il cultive la mobilité.


 

Mobilité ? Pas celle de l’automate urbain qui piétine et pianote sur un clavier, quitte à ignorer le reste du monde.

 

 

 

Danseuses et danseurs de métier aiguisent leur regard sur un corps en mouvement. Un corps leur parle mieux que les discours. Dans la rue, à l'école, au travail, une silhouette virevolte ou rapetisse.


 

Voilà pourquoi les danseuses et danseurs aiment semer l’énergie du mouvement autour d’eux.

 

 

 

 

Orteils de Sable.

 

Sara Pasquier dans Théorie des prodiges avec Système Castafiore. Photographe : Nathalie Sternalski....
Lorsque la route de Sara Pasquier croise celle de Mireille Barlet, sa fille Louison a 1 an. Jeune maman, Sara découvre la compagnie Orteils de Sable à Saint-Étienne.

 

 

Fondé en l’an 2000 par Mireille Barlet, un groupe d’enfants et d’adolescents âgés de 8 à 17 ans grandit avec le mouvement.

 

 

En pleine croissance, ils se frottent au métier d’artiste. Ils acquièrent, puis consolident une technique. Ils creusent leur interprétation. Ils œuvrent dans les coulisses d’un spectacle, jusqu’à s’impliquer dans les tâches matérielles.

 

 

Sara Pasquier est titulaire d’un Diplôme d’État de professeure de danse. En réalité, elle découvre l’art de transmettre la danse sur le terrain, avec Mireille Barlet :

 


 

« Mon bagage théorique vole en éclat le jour où j’assiste à un atelier, témoigne-t-elle. Mireille a un don : elle mène la danse avec sérieux et fantaisie. Elle a une façon simple, rigoureuse, rigolote de faire travailler les enfants. Avec elle, je comprends que la danse s’enseigne en respectant le moteur de l’enfant : jouer. »

 

Sara Pasquier dans Au pays des manchots - Ballets contemporains de Saint-Étienne....
En 2018, Sara Pasquier assiste Mireille Barlet dans la production d’un défilé en vue de la Biennale de la danse à Lyon.
150 Stéphanois·e·s et Ligérien·ne·s participent à l’aventure.

 

 

 

Toutes deux encadrent une fourmilière où l’on danse, construit, fabrique, s’amuse. Au moindre nœud, d’un coup d’œil, deux artistes se comprennent, puis tricotent une idée. Aujourd’hui, leur duo arrive à maturité. Un oiseau pour la paix parachève dix années de complicité.

 

 

 

• Participer au défilé de la Biennale de la danse en septembre, est-ce encore possible ? Oui !

 

 Contacter les Ballets Contemporains de Saint-Étienne avec ce lien ou par tél. : 09 54 52 41 84.

 

 

 

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Continuer sa danse :

 

 

 

 

 

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