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Rolando Rocha


La danse traverse l’Atlantique. Elle voyage de Lima à Lyon via Saint-Étienne. Rolando Rocha danse bailar.


Bailar, de Lima à Lyon


 

Un bureau, une université, un attaché culturel, un stage… puis un danseur prend son envol. Rolando Rocha arpente l’Europe. Il apporte une note latine à la danse contemporaine. Vingt ans plus tard, il se pose. Il réfléchit. Il esquisse son propre pas de danse. Portrait d’un danseur riche de sa simplicité et de son audace.

 


Rolando Rocha danse dans l’espace public à Séoul avec la Compagnie Ex Nihilo....
Quand le public voit Rolando Rocha électriser une scène, il en resterait bouche bée s’il apprenait que sa vie professionnelle a débuté… dans un bureau. À l’Université péruvienne de sciences appliquées de Lima, en toute discrétion, il fait de la logistique. Sur l’écran de son ordinateur, il prépare des schémas graphiques pour que des conférenciers de haut vol distribuent la bonne parole à un aréopage de managers dans un amphithéâtre.

 

 

Mais sitôt extrait de sa mission administrative, Rolando s’élance. Gamin, il pratique le kung-fu. il s’amuse à imiter Bruce Lee. À vingt ans, son corps piaffe. Au Pérou, l’intermittence du spectacle n’existe pas. Vivre de son art relève de l’exception.

 

 

En amateur, Rolando intègre une troupe de théâtre corporel pour animer des fêtes d’enfants ou conclure des événements en entreprise. Il bouge. Il manipule des marionnettes. Il s'imprègne de danses populaires. Au fil du temps, il rejoint des compagnies péruviennes de danse moderne. Il monte sur scène.

 

 

De Lima à Montpellier.

 

Rolando Rocha dans H2O-Show avec l’Unterwegstheatre en Allemagne. Photographie : Günter Krämmer....
Un soir, après une représentation, l’attaché culturel de l’ambassade de France à Lima l’interpelle. Et c’est ainsi qu’en l’an 2000, Rolando Rocha arrive au festival Montpellier danse. Il participe à l'Atelier du monde, une master classe. Le danseur autodidacte se rend au spectacle tous les soirs. Il ouvre grand les yeux. Il est persuadé d’avoir atterri sur un autre continent de la planète danse.

 

 

La danse contemporaine pulvérise ses codes. Elle galvanise un jeune homme, lequel fonce à l’audition du Centre National de Danse Contemporaine (CNDC) d’Angers. Et le voilà embarqué pour deux années dans une école supérieure de danse que conduit le tandem Joëlle Bouvier et Régis Obadia.

 

 

Puis Rolando Rocha se fait globe-trotter. Il part à Quimper où Patrick Le Doaré le choisit pour une pièce qui mêle danse contemporaine et bretonne. Il s’envole pour la Hongrie où Pál Frenák l’appelle pour une création qui tourne de Villeneuve-d’Ascq à Ankara. Il vit à Brive-la-Gaillarde où Hervé Koubi l’intègre à temps plein dans sa compagnie.

 

 

À Lyon, Maguy Marin le recrute pour une reprise de rôle dans May B ; il s'engage dans les créations artistiques de la Compagnie Chatha. À Marseille, il danse dans l'espace public avec la compagnie Ex Nihilo ; il surgit par surprise dans les rues de Séoul, Casablanca, Alexandrie, Durban.


 

Se confronter au tango.

 

Rolando Rocha dans Sacré printemps ! Compagnie Chatha....
Rolando Rocha a 41 ans. Il a beacoup donné. Interprète, il s’est coulé dans le moule d’une pléiade de chorégraphes. Au cours de ses pérégrinations, il a le temps d’avoir un petit garçon qui fait partie intégrante de sa vie. Il s’interroge sur son identité. Il garde ses racines péruviennes. Il se nourrit de danses contemporaines. À présent, il a besoin d’essayer par lui-même.

 

 

À Lyon, Sol Buffet-Casal dirige une école et une compagnie de tango. Dans ses cartons, elle a gardé un duo qui s’inspire du poème Prendre corps du roumain Ghérasim Luca. Elle partage avec Rolando un trésor : une lente maturation entre leur culture latine d’origine et leur culture occidentale d’adoption. Ensemble, ils se mettent au travail.

 

 

Cette fois, il n’y a plus de chef d’orchestre et d'interprètes. En musique de chambre, chaque musicien apporte sa touche à l’édifice. Un duo chorégraphique relève du même esprit. Rolando Rocha apprend des rudiments de tango.

 

 

Mais surtout, il cherche un point de rencontre entre les danses qui le traversent depuis vingt-cinq ans.

 

Rolando Rocha dans Nal Boa, à Marrakech - Compagnie Ex Nihilo....
Puis Rolando Rocha rencontre l'artiste sculpteur Émilie Tolot. Il renoue avec l’énergie des danses de rue, quand le corps guerroie avec les espaces, les perspectives, la foule. Il veut confronter sa danse avec le côté immuable de la matière. Là aussi, un duo se cherche. Danse & sculpture, danse & installation ont un récit à offrir au public. Rolando Rocha et Émilie Tolot envisagent se produire ensemble lors d'un prochain événement à Lyon.

 

 

Enfin, Rolando Rocha explore la pédagogie. L’acte de transmettre est sporadique chez lui. Il mène des ateliers au Centre social et culturel de Caluire-et-Cuire, à Lima, et partout où les compagnies le sollicitent. Il se réjouit de partager son expérience avec des publics amateurs, même s’il tâtonne encore dans ses choix d’enseignement.

 

 

Rolando Rocha réfléchit à voix haute devant la personne qui l’interviewe :


 

« La danse touche la part d’indicible en chaque être humain dans son authenticité. J’aspire à creuser une manière d’embarquer autrui dans un univers artistique qui relie Lima à Paris. J’essaie de rendre visible une manière de communiquer avec son corps. L'abstraction m'est familière mais ne me suffit pas. Je mets du concret dans ma danse en puisant dans ce que j’ai appris, je vis, depuis vingt ans. »

 

Rolando Rocha dans Kharbga - Compagnie Chatha....
Solide dans son jeu de jambes, attentif au choix des mots dans ses prises de parole, l’artiste a recours au terme Bailar pour résumer son ancrage. Danser bailar, c’est entrer dans la danse sur un rythme de salsa. Effleurer le pas de base. Se laisser prendre par ses accents, ses couleurs. Adhérer à son air ténu et décontracté. Puis s’y immerger.

 

 

Rolando Rocha a le rythme contagieux. Avec lui, l’on retrouve le simple et pur désir de bouger. L’on est disponible au présent. Les danses, d’abord individuelles, forment des grappes en mouvement avec des corps habiles, poreux, disponibles.

 

 

 

Alors, Lima crée une ondulation de verve latine jusqu’à nous.

 

 

 

 

Rolando Rocha a aussi dansé pour les compagnies La Baraka et Kubilai Khan Investigations.

 

En 2017, Florence Fix, enseignante en littérature à l'Université de Rouen, a mené un entretien avec Rolando Rocha
en vue de rassembler des contributeurs pour un livre collectif à paraître aux Éditions universitaires de Dijon sur le thème : Théâtre et ville.

 

 

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Continuer sa danse :

 

 

 

 

 

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