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Jauger une subvention


De Claude François en 1967 aux structures culturelles en 2019, ne nous laissons pas enliser dans les habitudes.


Subvention, piège à ronron ?

 

 

De 100 à 1 million d’Euros : la France a une tradition de la subvention que bien des associations nous envient dans le reste du monde. Sans manne publique, la culture se résumerait à un parc d’attractions. Précieuse, souvent vitale, la subvention a aussi son revers : la paresse d’esprit.

 

• Cet article s'accompagne d'un hommage à la créativité de photographes du monde entier. Beauté & Acuité par l'image.

 


Photographe : Denis Maho....
Un spectateur qui entre dans un opéra ou un centre dramatique national ignore souvent que 80 % du coût de la représentation à laquelle il va assister est payé, non par le public, mais par le contribuable : celui qui paie son impôt sur le revenu, sa taxe foncière, sa contribution foncière des entreprises.

 

 


Idem pour le comédien, le danseur, l’athlète amateur qui vaque à son loisir préféré. Les collectivités publiques, de la commune à l’État, accompagnent le lien social qu’incarne une association, même si les aides se sont taries au fil des mesures d’austérité.

 

 

 


 

L'appel d'air d'une subvention.

 

Mixité. Diego Jack, photographe....
Pour contrebalancer les règles spartiates du marché, la subvention crée une oasis : liberté de créer, de diffuser, de s’exprimer, à titre professionnel ou amateur. Heureusement qu’il en est ainsi ! Que serait une civilisation sans sa graine de folie ?

 


Avec le temps s’installe l’idée qu’une structure culturelle ou sportive disposerait d’un droit de tirage, chacune s’estimant irremplaçable dans la vie de la cité. Avec un risque : que s’installe une paresse d’esprit.

 


Or, la subvention ne se réduit pas à un virement effectué une fois l’an sur le compte bancaire de l’association. Une subvention entraîne un surcroît de responsabilité morale. La structure qui reçoit de l’argent public doit honorer le projet tel qu’il a été décrit, argumenté, puis validé.

 

 

 

 

Subvention = Contrat moral.

 

Passion de lire. Photographe : Milimaï....
Une fois l’action achevée, l’association rédige un rapport d’activité. La confiance entre association et collectivité publique s’ébauche, puis se prolonge sur la base d’un contrat moral.

 

 


Même si chacun rêve de vivre dans la sécurité et le confort, le principe de la subvention repose sur un fait : rien n’est jamais acquis.

 

 

 

Il arrive qu’une commune, un département, une région signe un contrat d’objectifs pluriannuel lorsque l’association a prouvé sa capacité à conduire un projet dans la durée, avec un impact réel sur un territoire. Mais aussi exemplaire soit-elle, une structure qui dépend d’une dotation publique devrait se souvenir que la précarité fait partie des règles du jeu. L’énergie de la création se marie mal avec le fonctionnariat. Des structures naissent, meurent, se transforment. Ainsi va la vie.

 

 

Effet d'aubaine.

 

Amour. Photographe : Kirsten Rudberg....
Que penser alors quand une association, apprenant que le Département lui attribue 3 000 Euros de subvention pour un projet de formation artistique, vote dans la foulée la gratuité des festivités de son anniversaire ?

 


Son projet, exemplaire dans son contenu pédagogique, son ouverture à des territoires et de nouvelles pratiques, fut validé par la collectivité publique. Il se présentait sous la forme d’une formation-action qui mixait les publics, mais aussi des disciplines sportives et artistiques, le tout sur un territoire rural prêt à accueillir l’événement.

 

 

Prévu pour accueillir soixante bénévoles et surprendre le public d’un bourg-centre, il reposait sur un budget où participation des stagiaires et subvention additionnées rendaient l’événement viable sur le plan économique.

 

 

Une subvention, un levier.

 

Deux mains. Photographe : Fanaï. ...
Dans l’euphorie d’une notification administrative, les élus de l’association ont relâché l’effort. Ils ont considéré qu’ils ont le droit de « faire la fête » avec des moyens publics, dans la totale gratuité, car « on fait ce qu'on veut avec l'argent du Département », selon la personne qui la préside.

 

 

Oubliés le projet, le partenariat négocié avec le bourg-centre, la coopération avec un club sportif et ses coachs diplômés. Oubliée l’exigence d’exemplarité dans la qualité pédagogique d’un stage. Oubliée, l’implication des adhérent·e·s. Oublié, l'équilibre d'un budget.

 

 

Subvention, responsabilité morale.

 

Mixité. Photographe : Saib....
Une subvention n’est pas une aubaine. Une subvention n’est pas une dot à consommer sans modération. Une subvention est un levier. Une subvention est une impulsion.

 

 


Le détournement d'une subvention n’est en rien une pratique généralisée. D’un cas, évitons de globaliser, puis d'accabler le secteur culturel. Les défaillances observées ici ou là rappellent l'élu associatif à son devoir. Chaque subvention contient un message d’exigence et de probité à la structure qui la reçoit.

 

 

 

Une ville, un département délègue une part de responsabilité publique à l’association qui a l'honneur d’être reconnue comme un interlocuteur dans la cité.

 

 

 

 

 

Subvention, piqûre pour l'imagination.

 

Laponie. Photographe : Céline Clanet....
Sortir de sa bulle. Tisser de nouveaux échanges. Élargir son public. Explorer un nouveau terrain d’action. Faire appel à une pluralité de compétences. Créer des outils de communication en phase avec leur époque. Garder l'œil sur ses fonds propres. La subvention implique vigilance, créativité, ouverture d'esprit, y compris chez des élu·e·s bénévoles.

 

 


Pour que la confiance demeure entre les collectivités publiques et les structures qui vivent de l’argent du contribuable, il convient que les responsables associatifs fassent leur révolution de palais. Ils se comportent, non en chefs d’entreprise puisque tel n’est pas leur rôle, mais en acteurs d’un développement qui marie audace et rigueur, innovation et clairvoyance, le tout avec intégrité.

 

 


Alors, la subvention trouve sa raison d’être : stimuler l’énergie citoyenne dans l’espace public au service du bien commun.

 

 

 

 

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